Une priorité de santé publique ignorée

La prévalence de l’insuffisance cardiaque augmente en raison du vieillissement de la population et de l’amélioration de la prise en charge des patients diagnostiqués.

Mais l’insuffisance cardiaque est très probablement sous-diagnostiquée, car insuffisamment connue par le grand public, comme le met en évidence l’étude réalisée par le GICC auprès de 4 926 Français représentatifs de la population française âgés de 18 à 80 ans interrogés entre mars et avril 2017.

D’après cette étude, la prévalence de l’insuffisance cardiaque serait de 3,6 %, soit le double des estimations officielles. Selon la « Note méthodologique publiée en avril 2015 par la Haute Autorité de santé », la prévalence de l’insuffisance cardiaque est estimée à 2,3 % dans la population adulte et à 1,8 % dans l’ensemble de la population française (soit environ 1 130 000 personnes).

Le nombre exact de Français atteints d’insuffisance cardiaque est sans aucun doute sous-estimé par les autorités de santé et pourrait atteindre les 2 millions.

L’insuffisance cardiaque est souvent confondue avec d’autres problématiques liées au fonctionnement du cœur. D’après l’enquête du GICC, si 34 % des individus qui se déclarent insuffisants cardiaques n’ont que cette pathologie, 12 % ont un diabète associé, 38 % une HTA associée et 17 % ont un diabète et une HTA associés.

Selon une étude menée par l’INVS, l’insuffisance cardiaque tue 73 000 personnes chaque année en cause multiple et un peu moins de 24 000 en cause initiale, c’est-à-dire 7 fois plus que l’infarctus du myocarde.

En 2009, le nombre d’hospitalisations atteignait 152 601 pour insuffisance cardiaque dans la population française bénéficiant du régime général de l’Assurance Maladie. Aujourd’hui, le nombre d’hospitalisations est estimé à plus de 160 000. Toujours selon ces statistiques, plus de la moitié des adultes atteints d’insuffisance cardiaque se sont déclarés en mauvaise ou très mauvaise santé, à comparer à 9 % pour les personnes sans insuffisance cardiaque. La moitié d’entre eux s’estiment fortement limités dans leurs activités habituelles quotidiennes.

L’insuffisance cardiaque aurait donc un impact majeur sur l’économie française : en plus du coût des hospitalisations et des morts subites, l’impact est très important sur la vie professionnelle des personnes concernées (incapacité de travailler, etc.). Les actifs de la tranche 25-59 ans représenteraient 39 % parmi les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque, contre 78,0 % dans la population non atteinte par cette pathologie.